TORONTO (Ontario), le 1er septembre 2026 — L’Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario (AIIO) franchit une étape importante pour contester une loi qui prive les infirmières et infirmiers et les professionnels de la santé travaillant dans les hôpitaux et les établissements de soins de longue durée de droits significatifs en matière de négociation collective et de la possibilité d’entreprendre des actions de protestation.
L’ONA a fait progresser sa contestation de la Charte en déposant une requête auprès de la Cour supérieure de justice de l’Ontario contestant la Loi sur l’arbitrage des conflits de travail dans les hôpitaux (LACTH) , une loi de 1965 qui impose l’un des régimes de relations de travail les plus restrictifs au monde. Adoptée avant la Charte canadienne des droits et libertés , la LACTH interdit toute action syndicale à plus de 90 % des travailleurs de la santé de l’Ontario, dont la grande majorité sont des femmes.
L’avis de requête désigne comme intimés le procureur général de l’Ontario, le ministre du Travail, le ministre de la Santé et le ministre des Soins de longue durée.
« HLDAA a créé un système qui permet aux employeurs de contourner les véritables négociations collectives, privant ainsi les infirmières et les professionnels de la santé du pouvoir de négocier des améliorations à leurs conditions de travail quotidiennes. Cela nuit à nos membres, aux patients et à notre système de santé publique », a déclaré Erin Ariss, infirmière autorisée et présidente provinciale de l’ONA.
Les lacunes de la HLDAA ont été flagrantes lors des négociations provinciales entre l'ONA et 210 sociétés de maisons de retraite à but lucratif plus tôt cette année. Au lieu de négocier un accord constructif, les PDG des maisons de retraite se sont remis à un arbitre pour trancher.
« Lorsque les employeurs s'appuient sur des arbitres pour imposer des contrats, il ne s'agit pas d'une véritable négociation collective. C'est précisément pourquoi ce système doit changer », affirme Ariss. Une décision arbitrale rendue publique au début du mois a largement maintenu le statu quo pour plus de 4 000 infirmières et professionnels de la santé qui prennent soin de résidents vulnérables dans des maisons de retraite privées à but lucratif.
Dans la majeure partie du Canada, les infirmières et les professionnels de la santé ont la possibilité d’entreprendre des actions syndicales, y compris la grève, tout en assurant les soins essentiels aux patients. « Face à des défis sans précédent en Ontario, les infirmières et les professionnels de la santé se battent pour rétablir leurs droits constitutionnels et leur pouvoir de négociation collective. »
La contestation de la Charte sera portée devant les tribunaux, dont la date sera bientôt fixée. L'ONA y présentera des éléments de preuve à l'appui de sa demande. Des déclarations sous serment d'Ariss, de membres de première ligne de l'ONA et de témoins experts seront déposées comme preuves.
L'ONA est le syndicat qui représente plus de 68 000 infirmières et professionnels de la santé, ainsi que 18 000 étudiants en soins infirmiers affiliés, qui prodiguent des soins dans les hôpitaux, les établissements de soins de longue durée, les services de santé publique, les milieux communautaires, les cliniques et l'industrie.
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